Pour l’homme aveugle dans la chambre noire...

Musée d’art contemporain, St Louis (USA)
11.09.2009 - 03.01.2010






























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Traduction du communiqué de presse


Notre histoire commence dans la Grèce antique avec Socrate annonçant : "Je sais que je ne sais rien." De toute évidence, la confusion a toujours été au coeur de la sagesse.


Des siècles plus tard, vint une déclaration que beaucoup ont attribué à Charles Darwin : "Un mathématicien est comme un aveugle dans une pièce sombre à la recherche d'un chat noir qui n'y est pas." En tant que scientifique engagé dans l'inventaire, l'explication et le dessin d'un clair projet de la nature, Darwin raille l'incapacité du mathématicien pour décrire le monde physique tel qu'il est, sauf en termes spéculatifs ou d'abstraction.


Mais les artistes interprètent le monde en termes spéculatifs. Avec leur aide, nous pouvons apprendre à apprécier l'expérience de ne pas connaître, de ne pas apprendre, et de jouer avec l'obscurité.

Sarah Crowner remet en circulation deux numéros de "L'homme aveugle" (édité par Marcel Duchamp, Henri-Pierre Boche et Beatrice Wood en 1917), disponibles à la vente à leur prix original respectif de 10 et 15 cents. Pour trouver le sens d'une peinture, Marcel Broodthaers interview son chat dans un enregistrement sonore réalisé en 1970. Dans leur film réalisé en 2006, Rosalind Nashashibi et Lucy Skaer déambulent dans les couloirs obscurs du MOMA, en utilisant une torche électrique pour éclairer des fragments de statues et de petits objets. Et l'illustration anonyme d'un cabinet de curiosités de 1672 rappelle que les musées ont longtemps ouvert des espaces où stimuler la découverte de choses aussi extraordinaires qu'incompréhensibles.


Dans The Right Way (1983), Peter Fischli et David Weiss s'habillent de costumes de rat et d'ours et et dérivent à travers l'infinie beauté des paysages suisses, s'arrêtant en chemin pour aborder des questions existentielles. Leurs révélations ludiques sont citées dans une série de diagrammes nouvellement revue. Rachel Harrison présente sa version personnelle de la recherche de Darwin dans The Voyage of the Beagle, Two (2008) dans une série de 58 photographies de portraits, de bustes et autres visages inclassables. Une sélection de ses sculptures abstraites monochromes est proposée à proximité.


Une grande installation réalisée in situ par Matt Mullican décrit sa topologie épique - une théorie fortement subjective qui sépare notre existence en cinq mondes qu'il décrit à travers des centaines de dessins, de frottis, d'estampes, de photographies, de bannières et de bulletins d'annonces. Préférant le folklore et la miniature, Patrick van Caeckenberg propose sa sculpturale tête/chapeau massive et torturée qui raconte l'histoire d'un homme incapable d'oubli se promenant de ville en ville en luttant pour se débarrasser de son surplus de connaissances. En écho, Rosemarie Trockel répond sereinement avec le regard vide d'un miroir de céramique sans tain.


Entre la Première Guerre Mondiale et son décès en 1964, dans le bruit des machines du monde moderne, des guerres et de la technologie, Giorgio Morandi n'a cessé de peindre des compositions de flacons et de bols. Consacrant son travail aux formes traditionnelles de la nature morte, il semblait affirmer que même l'exercice le plus familier pouvait être une proposition exploratoire qui ne pourrait jamais être épuisée. Dans le même esprit, Bruno Munari, fait de ludiques recherches pour trouver le confort dans un siège impossible.


Dave Bailey présente sa nouvelle installation monumentale, qui rappelle les gens du voyages et la vie hors normes, à la manière d'un laboratoire de recherches tentaculaire construit en pièces modulaires provenant de la charpente métallique d'une remorque à bateau. Avec ses 34 miniatures photo de fraises, Hans-Peter Feldmann prouve l'inévitable imperfection de la catégorisation. Dans le film de Ayse Erkmen, une diseuse de bonne aventure prédit l'avenir dans le marc de café avec une confiance inébranlable. Dans la sélection de vidéos d'Eric Duickaerts, l'artiste joue le rôle d'un professeur expert expliquant une série de théories complexes avec des arguments paraissant très logiques, tout en se révélant parfaitement absurdes.


Basée sur un imaginaire face-à-face entre le sage aigle-serpent de Nieztsche (Ainsi parlait Zarathoustra, nouvelle philosophique, 1883-84) et l'âne muet de Rimbaud (dans son poème Bottom, 1946), l'installation de Jimmy Raskin exprime la lutte personnelle de l'artiste pour faire de l'art une forme de critique, de pensée stratégique et de subversion sans étouffer l'acte poétique fragile et souvent incontrôlable. Les nouvelles oeuvres de Frances Stark sont également liées au langage, à l'hésitation et au doute. La vidéo Chilida (Forms and Feelings) de Falke Pisano étudie la subjectivité de l'acte d'interprétation. Enfin, faisant un retour direct au thème de l'exposition, aux mathématiciens et à la cécité, Mariana Castillo Deball suspend une piñata de la taille d'une voiture ayant la forme d'une bouteille de Klein* dans l'espace performance du musée. Le dernier jour de l'exposition, la foule des visiteurs du musée et la démontera avec les yeux bandés.


(*) En mathématiques la bouteille de Klein est une surface fermée, sans bord et non orientable, c'est-à-dire une surface pour laquelle il n'est pas possible de définir un « intérieur » et un « extérieur ». La bouteille de Klein a été décrite pour la première fois en 1882 par le mathématicien allemand Felix Klein. Elle est étroitement liée au ruban de Möbius et à des plongements du plan projectif réel tels que la surface de Boy. C'est un des exemples les plus simples de variété abstraite, car c'est une surface qui ne peut être représentée convenablement dans l'espace à trois dimensions. La bouteille de Klein est impossible à réaliser dans l'espace à 3 dimensions, car il faut alors qu'elle se traverse elle-même ; aussi, aucune réalisation que l'on peut voir de la bouteille de Klein n'est exacte. (voir article sur Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Bouteille_de_Klein)






















Expositions à venir et en cours

Archives 2009

A distance lunaire, De Hallen, Haarlem

Exposition du 11 septembre 2009 au 3 janvier 2010. Contemporary Art Museum St. Louis, 3750 Washington Boulevard - St. Louis, Missouri 63108 (USA). Ouverture du mercredi au samedi de 10h à 17h, le dimanche de 11h à 16h. Fermeture lundi et mardi. L'exposition sera itinérante aux USA, ainsi qu'à Londres, Amsterdam et Lisbonne. Voir ci-dessous :

MOCAD, Detroit : 5 février - 4 avril 2010
de Appel, Amsterdam :
février - avril 2010
Culturgest, Lisbonne : Mai - Août 2010
























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