Michael Najjar, Hautes sphères

Bitforms Gallery, New York (USA)

18.09 6 24.10.2009























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Traduction du communiqué de presse


De sublimes panoramas et un réseau de données financières co-existent à l'intérieur d'un paysage virtuel tiré de l'expédition récente de Michael Najjar au mont Anoncagua. Modifiant l'expérience réelle de la cité en réseaux denses d'information, les douze oeuvres du portfolio netropolis embrassent l'espace du monde de la bourse.


"Il n'existe pas de réel et d'imaginaire, excepté avec un certain recul. Que se passe-t-il lorsque ce recul, même celui séparant le réel de l'imaginaire, commence à s'estomper et à être absorbé par le modèle seul ?" Jean Baudrillard


La galerie Bitforms est heureuse d'annoncer une troisième exposition personnelle du photographe allemand Michael Najjar avec la première présentation de sa série Haute altitude. Dans cet ensemble de travaux Najjar continue d'associer le réel et la fiction. Explorant le vocabulaire du romantisme sublime, où l'on peut citer les peintures de Caspar David Friedrich, et expérimentée par l'artiste lors de son escalade vers le sommet du mont Aconcagua (6959 m), la haute altitude fournit des panoramas à couper le souffle. Images représentant le monde boursier, ces paysages virtuels proposent une méditation sur la structure du marché mondial, sa sophistication et sa vulnérabilité.


Le spectacle des forces élémentaires en jeu dans les paysages montagneux a constitué une source inépuisable de fascination pour les gens, et particulièrement les artistes, à travers les âges. Racontant une parabole de risque et de cataclysme, les neuf photographies de grand format de Michael Najjar établissent une comparaison entre les forces naturelles et et celles de l'économie moderne gérée par les réseaux informatiques. Les escarpements et les formations rocheuses peuplant ces horizons dépeignent le développement des indices boursiers mondiaux de premier plan au cours des 20 à 30 dernières années. Comme un graphique ou un schéma, Najjar accroche les tableaux de performance des indices tels les Dow Jones, Hang Seng, Nikkei et Dax, au-dessus des sommets dont il modifie le mouvement naturel de chaque massif montagneux. Un système virtuel de valeurs est créé, alliant la pure beauté de la nature avec le développement du système financier mondial.


La crise économique actuelle a mis en évidence de manière dramatique quelque chose en particulier : nous ne gérons plus souvent désormais des marchandises et services réels mais des chaînes de signifiants, explique Michael Najjar. L'irrationnel - qui défie notre pouvoir d'imagination - façonne à son tour la réalité de notre vie quotidienne. Se crée ainsi une symbiose entre réalité et virtualité. Le pouvoir expressif des montagnes et les marchés financiers ont des aspects communs. Tous deux dégagent une force émotionnelle ; ils peuvent éveiller des sentiments de joie (atteindre le sommet, marges de la spéculation), mais portent également des composantes de risque en leur sein (blessures, pertes). Ils ont tous deux le pouvoir de détruire des vies. Cela est frappant dans l'ouvrage Lehman Brothers 92-08 qui montre comment le degré élevé de complexité de notre monde actuel peut mener à une panne totale du système. Le cours des actions grimpe, grimpe, puis redescend abruptement - ne laissant que du vide et le plateau du versant de la montagne derrière.
















Expositions à venir et en cours

Archives 2009

Michael Najjar, Hautes sphères, Bitforms Gallery, New York

Exposition du 18 septembre au 24 octobre 2009. Bitforms Gallery, 529 West 20th Street (between 10th and 11th) 2nd Floor - New York, NY 10011. Tél.: 212 366 6939. Ouverture du mardi au samedi de 11h à 18h.



















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Les oeuvres de Najjar explorent également la dimension du sublime, l'ineffable de la perception. Selon Edmund Burke, le sublime est composé de délice et d'horreur dans une égale mesure. Nous pouvons croiser le sentiment du sublime dans notre vie quotidienne, dans la nature ou dans le monde financier chaque fois que les repères sur lesquels nous nous appuyons pour mesurer et évaluer l'expérience sont invalidés ou transcendés. Des visions similaires de l'expérience du sublime se retrouvent dans les nouvelles oeuvres de Michael Najjar. La montagne s'est révélée un thème récurrent de l'histoire de l'art, bien que de nombreux artistes se soient désintéressés d'en rendre un portrait exact. Caspar David Friedrich, par exemple, a peint le Watzmann sans l'avoir jamais vu. Ses tableaux ne consistaient pas en une fidèle reproduction de la nature, mais bien comme un moyen de susciter des sentiments d'admiration et d'émerveillement impossibles à traduire en mots. C'est la curiosité scientifique qui a attiré Leonard de Vinci vers la montagne, alors que Gerhard Richter l'a peinte pour les conditions atmosphériques qu'elle offrait, avec ses contours imprécis baignés d'une lumière diffuse. Les éléments choisis par Michael Najjar constituent des moments mystiquement hantés, avec des falaises et des plateaux escarpés, de fragiles formations de nuées, des sommets recouverts de neige givrée ou des pans de chaînes montagneuses plaqués contre un ciel bleu de glace - et toujours les lignes anguleuses de la silhouette de la montagne - un monument du cours de la bourse, taillé dans la pierre, s'élevant avec majesté au-dessus du monde.


La série s'appuie sur les photographies prises par Najjar pendant son expédition de trois semaines au mont Aconcagua, dans les Andes Argentines, dont il a atteint le sommet en janvier 2009. Avec ses 6959 m d'altitude, il constitue la plus haute montagne du monde après l'Himalaya. Comme le précise Najjar, "La réalité de la nature et le rythme de vie de la montagne ne peut se mesurer sur une échelle humaine et devient de ce fait une expérience virtuelle. Une expérience similaire de la virtualité peut aussi être abordée sur les marchés économiques et financiers internationaux où des montants incroyablement importants d'argent circulant dans le monde en temps réel défient nos pouvoirs de compréhension."