Claude Lévêque, Le Grand soir
Biennale de Venise (Italie)

07.06 - 22.11.2009



































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Traduction du communiqué de presse


Le titre choisi par Claude Lévêque pour son installation dans le pavillon français de la Biennale de Venise, Le Grand Soir, est une expression citée par l'artiste comme spécifiquement française, tout en appartenant à la tradition révolutionnaire. Plutôt que de reprendre les éléments historiques et architecturaux spécifiques au lieu qui lui était dévolu, il a préféré le métamorphoser de manière radicale. Il a mis en place "une sorte de cage panoptique, en forme de croix, avec au bout de chaque branche, dans les trois salles plongées dans l'obscurité, des drapeaux noirs, hors d'atteinte des spectateurs." (Claude Lévêque). Les seuls éléments lumineux existants sont un encadrement d'ampoules et des paillettes sur les murs. L'artiste ne s'est pas contenté de ce dispositif visuel. Il a également, comme c'est souvent le cas - car partie intégrante de son travail - installé un environnement sonore, ou plutôt une "pression" sonore : le bruit sourd, inquiétant d'un navire, généré par l'enregistrement de bruits de moteurs sur le Grand Canal, directement à Venise. Claude Lévêque décrit Le Grand Soir comme l'un des univers les plus radicaux qu'il ait réalisé et attend de son public qu'il y perde ses repères.






























Biennale du 7 juin au 22 novembre 2009. Venise, Pavillon français de la Biennale 2009.










Claude Lévêque, Le Grand soir, Biennale de Venise

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Claude Lévêque, auto-portrait à Venise, 2009

Le projet de Claude Lévêque permet en effet de semer le trouble dans les lieux, avec une géographie perturbée où des présences invisibles se sont sentir. Transition, ambivalence, changement, destruction, illusion, autant d'inquiétudes existentielles suscitent un bouleversement émotionnel quand le spectateur se trouve pris au piège des grilles et des tunnels dans un tracé contraignant, où les drapeaux noirs sont maintenus hors de portée.


"Dans mes installations, le corps est sollicité par des sensations, soit fantasmées, soit réelles. Un simple mouvement d'air, un frôlement." (Claude Lévêque). Et encore : "J'aime l'ambivalence, les transformations, les différents niveaux de lecture. Avec leurs forces et leurs faiblesses. Maîtriser ce qui pourrait être illustratif. Créer un malaise, mettre les gens en embuscade, jouer sur la féerie, la séduction et, en même temps, créer un phénomène de répulsion, avec l'idée d'aliénation et de mort." La visite par l'artiste d'une prison dans la Meuse, dont il a conservé un souvenir marquant, a certes influencé ce nouveau projet.



Claude Lévêque, auto-portrait à Venise, 2009


Claude Lévêque succède dans le Pavillon français à Venise à Sophie Calle (2007) et Annette Messager (2005) qui y a obtenu le Lion d'Or. Depuis plus de vingt ans, l'artiste, qui vit et travaille à Montreuil, a beaucoup exposé et monté de nombreux projets. Il a été invité dans de prestigieuses institutions : PS1 à New York, le Hamburger Bahnhof de Berlin, le Musée d'art moderne de la Ville de Paris, également le MAMCO à Genève, dont le directeur, Christian Bernard, a été choisi par l'artiste pour assurer le commissariat de son exposition à Venise. Mais il investit avec le même empressement les lieux les plus alternatifs : une HLM désaffectée à Bourges avec Emmetrop, l'ancienne banque de France de Béthune devenue récemment un centre d'art, ou encore l'un derniers haut-fourneaux restés intacts en Lorraine, le "U4" où il a réalisé Tous les soleils, une grandiose mise en lumières réalisée en 2007 au titre de la commande publique (Ministère de la culture et de la communication).

Il décrit lors d'un entretien avec Frédéric Bouglé la manière dont il envisage la lumière dans ses projets : "On ne devra plus voir la source mais juste son impact." Ses écritures en néon (Anormal, Scarface, etc.) et ses installations de grande taille souvent sombres sont désormais bien connues. Connu dans l'imaginaire collectif comme étant associé à la musique rock, Claude Lévêque développe ses dispositifs sonores bien davantage sur le mode de la métaphore poétique. Tel Rendez-vous d'automne, installation chargée d'émotion créée en 2008 pour le Printemps de septembre à Toulouse, avec son bus échoué dans la Maison Eclusière où les échos d'une chorale étaient perçus comme des appels fantomatiques. Tout comme pour la lumière, les dispositifs de diffusion sonore demeurent invisibles. Les environnements créés par l'artiste sont "fabriqués" pour ressusciter chez le visiteur une foule d'émotions ou de souvenirs personnels, bref, son vécu. Quand il interroge notre monde, nos refoulements, la violence et la peur, c'est à travers sa propre expérience qui correspond souvent à ce que chacun d'entre nous peut ressentir.



Claude Lévêque, Le Grand Soir, 2009. Installation in situ, Pavillon français, 53ème Biennale de Venise. Sas d'entrée noir dans le péristyle, cages en inox, âillettes projetées, encadrement de lampes, drapeaux de soie noire, ventilateurs, projeteurs à découpe blancs, velums. Diffusion sonore ; son de navire se déplaçant dans les trois espaces latéraux du pavillon. Conception sonore en collaboration avec Frédéric Alstadt. Photographie : Marc Domage © ADAGP Claude Lévêque. Courtesy the artist et Kamel Mennour, Paris

Claude Lévêque, Le Grand Soir, 2009. Installation in situ, Pavillon français, 53ème Biennale de Venise. Sas d'entrée noir dans le péristyle, cages en inox, âillettes projetées, encadrement de lampes, drapeaux de soie noire, ventilateurs, projeteurs à découpe blancs, velums. Diffusion sonore ; son de navire se déplaçant dans les trois espaces latéraux du pavillon. Conception sonore en collaboration avec Frédéric Alstadt. Photographie : Marc Domage © ADAGP Claude Lévêque. Courtesy the artist et Kamel Mennour, Paris