Couleur(s) 3 - Benoît Decque, La chambre rose

Château de Jehay (Belgique)

07.06 - 04.10.2009





































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Oblongue et sombre, close carapace.
Deux entailles pourtant, tyriennes, lumineuses.
À l'intérieur, rose tentation,
le cœur est lithique et de rugueux effleurements y sont inévitables.


Benoît DECQUE, quatrain circonstancié en 180 signes imposés. Strasbourg, février 2009
































Exposition du 7 juin au 4 octobre 2009. Château de Jehay, parc et jardins, 1 rue du Parc - 4540 Amay (Belgique). Tél.: +32 (0)85 82 44 00. Ouverture du mardi au vendredi de 14h à 18h, samedis, dimanches et jours fériés de 11h à 18h.











Benoît Decque, La chambre rose, Château de Jehay

© ArtCatalyse International / Marika Prévosto 2012. Tous droits réservés

Texte de Marika Prévosto


La Chambre rose de Benoît Decque trônant dans une vaste esplanade incite avec son mégalithe incorporé à une étrange méditation. Elle n'est pas sans faire penser à une transposition très décalée de 2001 : Odyssée de l'espace, le célèbre film de science-fiction réalisé en 1968 par Stanley Kubrick. Bien sûr, le mégalithe de Benoît Decque n'est ni noir ni parallélépipédique comme celui de Kubrick, mais il est néanmoins inséré dans un contenant de cette forme. Dans le film de Kubrick, lorsque le soleil se trouve immédiatement au-dessus du mégalithe, il émet un puissant champ magnétique qui parasite les signaux radios. Et l'on découvre une ouverture pratiquée dans la chambre rose juste au-dessus du rocher dressé en son centre ! Le mégalithe posé sur la lune était doté d'une technologie secrète et raffinée, celui qu'on découvre ici ne paraît rien dissimuler et ressemble aux pierres du voisinage. Mais sa situation, son isolement dans un cadre bien étrange sur notre terre, ressemble à celle, également décalée et fictive, de son pendant noir et brillant sur notre satellite dans le film de Kubrik. Tout aussi imposant et intrigant...


Arthur C. CLarke, l'auteur dont les nouvelles se sont trouvées matérialisées dans le film de Kubrik, privilégie comme nous le mystère de ces étranges constructions : "Si vous dites que vous avez compris 2001, c'est que nous avons échoué, car nous voulions que le film pose plus de questions qu'il ne donne de réponses." Les thèmes soulevés dans le film peuvent être réanimés dans l'oeuvre de Benoît Decque : la nature de l'humanité, l'intelligence, notre place dans l'univers. Ils restent toujours d'actualité, quarante ans plus tard. Peut-on voir le parallélépipède rectangle, symbole évolutif, comme la représentation d'une intelligence supérieure ? Peut-on déceler la préfiguration d'un dépassement de l'espèce humaine ? D'une évolution ou d'autre chose ? La Chambre rose conserve son mystère...