Adam McEwen, Switch and Bait

Nicole Klagsbrun Gallery, New York (USA)

05.03-18.04.2009










































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Traduction du communiqué de presse


Selon la définition commune, l'expression "amorcer et ferrer" constitue une forme de fraude dans laquelle le contrevenant, avant de la commettre, dupe ses clients potentiels par une publicité sur un produit ou un service à prix coûtant, puis leur annonce qu'il n'est pas disponible mais qu'un autre, de moindre qualité, peut lui être substitué. La tactique de diversion de Adam McEwen base sa stratégie sur les faits autant que sur le nom, menant les visiteurs devant la façade suspecte d'une bâtisse aux fenêtres recouvertes de peinture avec une pancarte indiquant "A louer", l'une des rares à avoir échappé à la gentrification de masse de la zone industrielle transformée en vastes espaces blancs qui qualifient désormais le quartier de Chelsea à New York. Le 520 West 20th Street est-il un espace en attente ou une opportunité manquée ?


Il y a trente ans exactement, Walter De Maria installait The Broken Kilometer (Le kilomètre brisé) dans la galerie de Heiner Friedrich à Soho, au 393 West Broadway (intéressant en ce qui concerne l'histoire de McEwen, cela s'est passé après la première installation d'Andy Wharol des Shadow Paintings, un vaste travail "environnemental" basé en de nombreux points sur une réflexion en négatif). The Broken Kilometer est composé de 500 barres de laiton massif soigneusement polis, mesurant chacune deux mètres de long et placées sur le plancher en cinq rangées parallèles (voir visuel ci-dessus). Des éclairages de stade éclairent l'oeuvre, créant l'effet d'ondulation d'un champ de blé mûr (mais bien artificiel!), une parfaite matérialisation de la théâtralité que Michael Fried a décrit dans son traité sur la "performance" de la sculpture minimaliste. The Broken Kilometer est toujours là, serein dans sa glorieuse permanence, à une époque où plus rien ne semble plus pérenne.


Avec son mordant caractéristique, McEwen a utilisé le modèle habituel et la stratégie formelle des Minimalistes - des oeuvres monumentales avec des unités abstraites répétées en séries. Dans l'espace désaffecté, 45 néons , mesurant chacun 1,5 mètre, sont suspendus au plafond en rangées régulières, additionnant la géométrie parfaite de De Maria et les readymade de Dan Flavin, tout en évoquant également les dures conditions de travail de l'économie vacillante. Chaque module est garni de deux "tubes", de parfaits et pervers simulacres de leurs homologues diffuseurs de lumière, en un sombre, dense graphite absorbeur de lumière.


Le "coupe-circuit" ou "mot de la fin" consiste en un petit espace adjacent, qui, à l'exception d'un assistant de galerie installé derrière son bureau, ne contient rien, hormis un seul socle de sculpture. En s'approchant, on y découvre une fine carte de la taille d'une gaufrette. Elle ressemble à une carte American Express, tentation à portée de main. Mais après un examen plus approfondi, il est clair qu'il s'agit d'un leurre inutilisable, version finement dessinée de cet accessoire indispensable...


En renversant l'"effet Midas", McEwen répond au triomphe chatoyant de l'art des Minimalistes, en créant une oeuvre contemporaine où la légèreté succède à la lourdeur mélancolique du plomb. Méditant sur la vie, la célébrité et la disparition des oeuvres d'art, il crée un espace alternatif pour un moment puissant et controversé dans l'histoire de l'art, dans la même période où son contraire vante le futur parfait de la richesse, de l'excellence, de la beauté et de la célébrité. Mais, alors que ses prédécesseurs Wharol et De Maria ont construit des environnements transcendantaux qui reflétaient des méditations spiritualistes, l'envers du décor, chez McEwen, nous confronte, physiquement et métaphysiquement, avec le "sale fric", notre dilemme matériel actuel.




































Adam McEwen, Switch and Bait, Nicole Klagsbrun Gallery, New York

© ArtCatalyse International / Marika Prévosto 2012. Tous droits réservés

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Exposition du 5 mars au 18 avril 2009. Nicole Klagsbrun Gallery - Hors-les-murs 520 West 20th Street - New York, NY 10001 (USA).